Nous savons qu’il existe une maison du dictionnaire et un dictionnaire de la maison. La maison nato a donc eu envie de rassembler ses mots : autant de codes, de clés, de signes et d'intentions qui relient et rallient. Réverbères du chemin des écoliers, ceux du diconato éclairent un peu davantage la syntaxe fantaisie de ce langage incontrôlé.


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Porte : n. f.

La porte est une ouverture dans un mur ou dans un espace clos pour accéder à ce qui est derrière ou assurer une circulation dans les différentes pièces d'une habitation. Qu'est-ce qui précéda quoi ? La porte ou le mur, le débat reste ouvert. Il n'est pas sans évoquer celui qui (introduit par Antonin Artaud) consiste à savoir si ce sont les médecins qui ont précédé la maladie ou l'inverse. Les historiens s'accordent (même si leur système d'accord porte à de peu plaisantes dissonances) pour dire que la porte était d'abord une façon de s'isoler (pour des questions d'hygiène, d'intimité ou d'économie de chauffage), ou d'éviter les intrus, toutefois cette explication ne saurait être totalement satisfaisante car cette fermeture ne pourrait exister sans une préalable ouverture. L'homme a d'abord fermé en inventant le mur, mais ce dernier trop isolant l'a conduit à l'ouverture, puis à la fermeture. Ensuite vient la folie du va-et-vient et de ses semences qui peuvent être magnifiques pourvu qu'elles ne participent d'aucun viol. Theophilus Van Kannel a inventé en 1888 la porte tambour, se posant à sa manière au centre du territoire dessinée par les tenants de l'ouverture et ceux de la fermeture. Le tambour en a profité pour reprendre ses droits en attendant le jazz qui ne saurait tarder. Quelques signes permettent de reconnaître volontiers une porte à "tendance ouverture" (on peut parfois y lire le signe "par ici la sortie") et une porte à "tendance fermeture", la première verra souvent à proximité toutes sortes d'animaux, chats et oiseaux en particuliers, la seconde sera marquée par la présence de gardes, chasseurs, douaniers ou autres portiers. Aldous Huxley inspiré par William Blake sut transcender ce système en porte de la perception (ce qui devint l'emblème du groupe de rock The Doors). Michael Cimino et Bob Dylan eurent quelques troubles à localiser les portes du paradis, même en frappant fort. La porte peut aussi être celle d'à côté ("the girl next door"), elle peut se faire cochère, coulissante comme un trombone (cette variété apprécie le cousinage de la porte tambour), battante comme une lavandière du Portugal ou dérobée. Cette dernière, souvent bleue et connue des seuls visionnaires ou amateurs de détails, est souvent celle qui ouvre sur les plus beau accès.





Hymas & The Bates Brothers - Blue Door
Jef Lee Johnson - The Zimmerman shadow
François Corneloup - Next
Steve Beresford His piano and orchestra - Eleven songs for Doris Day
Tony Hymas - Barney Bush - Remake of the American Dream
Tony Hymas - Jean-François Jenny Clark - Jacques Thollot - A Winter's Tale
Collectif - Joyeux Noël - Merry Christmas
Jean-François Pauvros - Hamster Attack
Annick Nozati - Fred Van Hove - Uit
The Recedents - Barbecue Strut
British Summertime Ends - Jac Berrocal - Annick Nozati - Denis Levaillant - Alan Tomlinson - Joëlle Léandre - Six séquences pour Alfred Hitchcock