Nous savons qu’il existe une maison du dictionnaire et un dictionnaire de la maison. La maison nato a donc eu envie de rassembler ses mots : autant de codes, de clés, de signes et d'intentions qui relient et rallient. Réverbères du chemin des écoliers, ceux du diconato éclairent un peu davantage la syntaxe fantaisie de ce langage incontrôlé.


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Printemps : n. m.

Le premier jour de l’année devrait bien (c’est le cas dans l’antique calendrier persan) être le 20 ou le 21 mars, marques de l’équinoxe de printemps et non le 1er janvier du calendrier grégorien (du nom du pape antisémite Grégoire XIII, supporter de l’inquisition) supposé rattraper dès 1582 le retard du calendrier julien (du nom de Jules César) précédent. Rien n’y fait, nous sommes bel et bien toujours à la bourre à force de regarder l’heure. Le printemps n’a que faire des papes, des empereurs et des calendriers puisqu’il témoigne de la vie toute entière avec ses bourgeons, ses fleurs, ses pluies, ses douceurs, ses lumières, ses animaux, ses danses, ses couleurs, ses rebellions. Maïa (nom romain : Maia – sur ce coup-là les rois de la pompe se sont encore moins foulés que d’habitude), déesse grecque chargée de la bonne pousse des plantes (alertée par Zéphyr et Chloris, c’était bien avant Internet), donna son nom au joli mois de mai. Le printemps (ou printans) comme son nom l’indique est bien le premier temps, celui de la prime jeunesse et des primevères. C’est aussi celui du lancer de disque (Schieweschlawe) en Allemagne, Alsace et Suisse et bien ailleurs pour le monde musical qui aime se réveiller alors. Les Anglais, plus poétiques, donc plus réels sur cette affaire, l’ont nommé « spring » (source, jaillissement). Le printemps est le temps de l’amour (« to have spring fever » en anglais). On peut se demander quel couple Yvonne Printemps aurait formé avec Jerry Spring (plutôt qu’avec Sacha Guitry, Pierre Fresnay ou Georges Guynemer). On se prévaut toujours de l’expression « une hirondelle ne fait pas la printemps » pour se donner des airs d’avertis endurcis par l’hiver qu’un oiseau solitaire ne saurait tromper. Mais un oiseau vient rarement seul et on ferait mieux de s’attarder plus simplement sur ce dicton : « L'hirondelle aux champs amène joie et printemps ». Le printemps, ange de tendresse selon Rimbaud, a été bien souvent, un inépuisable réservoir d’inspiration. La musique occidentale retrouva le paganisme et le rythme de plein air après des siècles de domination chrétienne avec le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky. Aimer, c’est faire confiance au printemps, le conduire en dansant dans le reste des saisons, question d’existence car, comme le signifiait Henry David Thoreau, « La santé se mesure à l'amour du matin et du printemps. »





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