Nous savons qu’il existe une maison du dictionnaire et un dictionnaire de la maison. La maison nato a donc eu envie de rassembler ses mots : autant de codes, de clés, de signes et d'intentions qui relient et rallient. Réverbères du chemin des écoliers, ceux du diconato éclairent un peu davantage la syntaxe fantaisie de ce langage incontrôlé.


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Raton laveur : n. m.

Les années 1930 furent l'occasion de plusieurs étrangetés dispensables, violences sociétales, secousses politiques, de quelques beautés aussi. Ce sont les années où l'on aperçoit pour la première fois en Europe (ou du moins la première fois depuis 25 millions d'années) un drôle de petit animal venu d'Amérique qui sera remarqué par le poète Jacques Prévert : le raton laveur. En 2016, la commission européenne juge les ratons laveurs destructeurs et propose leur éradication. Une enquête sur les espèces nuisibles que l'on trouve dans les parlements, les palais présidentiels ou royaux (oui, oui, il reste des régents en 2016), les conseils d'administration des multinationales, les officines des marchands d'armes et d'OGM (etc.) aurait sans doute été de plus grande utilité. Originaire d'Amérique du Nord d'où vient sa première appellation algonquine "ärähkun" devenue "racoon", le raton laveur se distingue par le fait de ne jamais paraître sans son masque, ce qui est sans doute ce qu'on ne lui pardonne pas. Les Dakotas lui attribuent des pouvoirs spirituels uniques, les Tuscarora le citent comme personnage-clé de leurs légendes et les Aztèques considèrent les femelles comme un modèle de féminité. Mais dans cette Amérique violentée, les colons européens l'ont très vite chassé pour sa fourrure magnifique et sa queue cerclée d'anneaux noirs et blancs (2 à 4 millions de tués par an de nos jours). Son agilité et sa dextérité sont fabuleuses, il a pour habitude de laver ses aliments avant consommation. C'est un formidable grimpeur, mais qui redoute l'altitude (à chacun ses contradictions). En 2018, l'un deux a escaladé une tour immobilière de la ville de Saint Paul (Minnesota). Le groupe The Beatles intitulera une de ses chansons "Rocky Racoon", histoire située d'abord dans le Minnesota puis dans les Black Hills, d'un cowboy rongé par la jalousie. Le raton laveur partage avec l'ours noir un goût prononcé pour l'hibernation et se laisse facilement apprivoiser mais préfère vivre la nuit. Les premiers européens colons de l'Amérique l'ont d'abord pris pour un ours et enregistré de la sorte dans les années 1700 où il devient petit à petit "ours laveur" avant d'être spécifiquement catégorisé en 1780. Mais les membres d'Ursus Minor ne l'ont pas pris pour un ours, même si les Indiens cocopah le nommait "Nymas". Ce n'est donc pas pour cette raison qu'il devient l'emblème de What Matters now, leur 4e album, mais grâce à son empreinte sur un mur zapatiste où l'on sait, sans que Nietzche ait eu besoin de l'écrire, que “Tout esprit profond a besoin d'un masque.





Ursus Minor - What Matters Now