Nous savons qu’il existe une maison du dictionnaire et un dictionnaire de la maison. La maison nato a donc eu envie de rassembler ses mots : autant de codes, de clés, de signes et d'intentions qui relient et rallient. Réverbères du chemin des écoliers, ceux du diconato éclairent un peu davantage la syntaxe fantaisie de ce langage incontrôlé.


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Bleu : adj. qual.

Des couleurs primaires, le bleu est certainement celle qui charroie le plus d'ambigüités et de contradictions. C'est aussi la seule qui n'ait opté ni pour les Grecs, ni pour les Latins et dont le nom soit hérité des Germains. La nature l'a choisie pour ses vastes aplats de ciel et de mer, ailleurs elle est plus rare sinon pour quelques fleurs sentimentales et certains yeux de cinéma. Rien de ce qui se mange n'est bleu, pas même un steak non cuit. Si le bleu est le coloris du royaume de France, il est aussi celui des révolutionnaires de 1789 (étrangement qualifiés ainsi par les partisans du roi). Ton de la paix, le bleu peut marquer violemment ("avoir un bleu") et trône sur le brut uniforme du policier ou de l'apprenti militaire pour qui la paix importe autant que bien des premières chemises aux couleurs oubliées. Symbole d'une certaine aristocratie risible, il est aussi la teinte du vêtement de la classe ouvrière (les cols bleus). L'expression anglaise "Out of the blue" ("sorti du bleu") indique une contrée sans forme ni repère, la parfaite inconnue dont on revient comme à travers le miroir d'Alice. Dieu comme Klein eut sa période bleue comme l'a souligné Jacques Prévert (ventrebleu, palsembleu, jarnibleu, morbleu, etc.). On souhaite le bleu rassurant et le voilà qui devient blues-cafard pour s'y perdre jusqu'à devenir une sorte de bleu dessinant tendrement à partir des gouttes de ciel un imperméable célèbre. Charles Trenet a noté que si le bleu représente l'enfance paradisiaque, il est le pigment de la vie triste. À être trop fleur bleue, on s'embarque facilement la fleur au fusil avant le grand bleu opaque. On l'associe encore à la nuance des débutants au cœur de baleine : un soldat bleu comme l'a montré Ralph Nelson est un soldat non aguerri qui pourra encore voir le monde réel et ses horreurs. Et si le bleu devient souvent cyan, il lui arrive fréquemment de voir rouge.





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