Nous savons qu’il existe une maison du dictionnaire et un dictionnaire de la maison. La maison nato a donc eu envie de rassembler ses mots : autant de codes, de clés, de signes et d'intentions qui relient et rallient. Réverbères du chemin des écoliers, ceux du diconato éclairent un peu davantage la syntaxe fantaisie de ce langage incontrôlé.


Choisissez un mot ci-dessous :



Ami, amie : n.

Le sens de l’amitié des Romains – passés maîtres en adulation, flatterie, orgueil, usurpation et basse complaisance - avait d’étranges particularités, mais c’est de leur latin que le mot a pris racine (amīcus, amare qui ont aussi donné amour, mais pas du tout amarres qu’on ne largue pas de la même façon). Un ami, une amie désignent une personne ayant des relations fortes avec une autre personne non issue de sa famille. Les amis se situent entre les copains-copines et les amoureux. Si l’amitié est un parcours - on parle de l’ami-chemin - elle ne va pas toujours jusqu’au bout, sujette à des heurts où la fiabilité de ses sentiments est éprouvée lors de problèmes d’argent, de maladies, de divergences politiques ou de glissements de séduction. L’ami ou l’amie peuvent également devenir synonymes d’amoureux ou amoureuse lorsque les bons sentiments traversent le corps tout entier mais gardent la charpente hors de l’incendie. De nos jours, on assiste à une certaine industrialisation de l’amitié dans des réseaux dit « sociaux » où en un clic, on se compte en amis ne s’étant jamais rencontrés. La finalité de cette plate amitié virtuelle est très souvent une volonté de paraître socialement (« combien avez-vous d’amis ? »). En une forme ancienne, aristocrates et grands bourgeois utilisaient le mot de façon condescendante (« et bien mon ami, que vous arrive-t-il ? », « ma chère amie, il me faudra me priver de vos services », « tiens mon ami, prends ça pour ta peine »). Ne laissons donc ni aux grands bourgeois ni au colonisateurs de l’espace virtuel, la moindre possibilité d’annexer ce sentiment salvateur qui faisait écrire à Germaine Tillion dans Ravensbrück, 1944 : « Si j’ai survécu, je le dois d’abord et à coup sûr au hasard, ensuite à la colère, à la volonté de dévoiler ces crimes et, enfin, à une coalition de l’amitié, car j’avais perdu le désir viscéral de vivre. »





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