Nous savons qu’il existe une maison du dictionnaire et un dictionnaire de la maison. La maison nato a donc eu envie de rassembler ses mots : autant de codes, de clés, de signes et d'intentions qui relient et rallient. Réverbères du chemin des écoliers, ceux du diconato éclairent un peu davantage la syntaxe fantaisie de ce langage incontrôlé.


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Lumumba (Patrice) : h. politique 1925-1961

Après avoir fait ses études dans une école de missionnaires, à Katatako-Kombe dans la province du Kasa, Patrice Lumumba travaille à Kindu-Port-Empain et écrit essais et poèmes pour différents journaux congolais. Un temps comptable, il continue ses contributions à la presse et en 1955 est élu président régional du syndicat indépendant des travailleurs congolais. Après un voyage en Belgique en 1956, il fonde le MNC (Mouvement National Congolais) et participe à la première conférence panafricaine dont il est un ardent avocat. Il milite pour les droits de l´homme au Congo et s´avère être un leader anti-colonial populaire. Incarcéré en 1960 pour instigation à l´émeute, Patrice Lumumba ne peut participer à la Table Ronde à Bruxelles. Les autres membres du MNC refusant alors d'y participer en son absence, il sera finalement libéré. En mai 1960, le MNC remporte les élections et Lumumba est nommé Premier ministre, mais il est empêché de former son gouvernement ce qu´il parviendra à faire le 23 juin proclamant alors l´indépendance. Lors de la passation des pouvoirs le 30 juin, Lumumba prend la parole après le discours paternaliste du roi Baudouin bousculant le protocole : "Ce que fut notre sort en 80 ans de régime nationaliste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions le chasser de notre mémoire ; nous avons connu un travail harassant, exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d´élever nos enfants comme des êtres chers. (...) Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des Nègres". Il devient alors l´homme à abattre pour les autorités belges et l´administration Eisenhower qui y voit un crypto-communiste. Moïse Tshombe, homme de paille du gouvernement belge (selon les dires mêmes de l´envoyé de l'ONU), s'oppose à l'africanisation de l'armée et proclame en toute illégalité, le 11 Juillet, la sécession de sa riche province qui reste ainsi aux mains des Belges. Dès le 13 juillet, le gouvernement Belge, par le biais de son ambassadeur, essaie de faire nommer un autre premier ministre. Le 26 août Allen Dulles, chef de la CIA, télégraphie à ses agents à Léopoldville : " Nous avons décidé que l'éloignement [de Lumumba] est notre objectif le plus important et que, dans les circonstances actuelles, il mérite grande priorité dans notre action secrète. " Le chef des opérations secrètes de la CIA, Richard Bissell, avouera par la suite : " La CIA étudia un éventail de méthodes pour se débarrasser de Lumumba, dans le sens de le détruire physiquement, de le mettre hors de combat ou d'éliminer son influence politique. " Le 14 septembre, le colonel Mobutu effectue son premier coup d´état et le 10 octobre, fait encercler la résidence de Lumumba, dont il coupe le téléphone. L´opération est menée quasiment en coopération avec les casques bleus de l´ONU censés le protéger. Le Premier ministre déchu est fait prisonnier et dans l'incapacité de joindre ses partisans. Le 27 novembre Patrice Lumumba s´évade, il sera repris par l´armée de Mobutu puis assassiné en compagnie de Maurice Mpolo, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, et de Joseph Okito, vice-président du Sénat congolais le 17 janvier après avoir été torturé.





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