Nous savons qu’il existe une maison du dictionnaire et un dictionnaire de la maison. La maison nato a donc eu envie de rassembler ses mots : autant de codes, de clés, de signes et d'intentions qui relient et rallient. Réverbères du chemin des écoliers, ceux du diconato éclairent un peu davantage la syntaxe fantaisie de ce langage incontrôlé.


Choisissez un mot ci-dessous :



Solo : n. m.

Le mot est directement emprunté à l’italien et désigne en musique le moment où l’instrumentiste se retrouve seul, porté soit par ce qu’un ensemble a joué avant (exemple Paul Gonsalves in « Diminuendo and Crescendo in Blue » de Duke Ellington) soit par un choix purement solitaire. Au festival de Châteauvallon en 1973, lors de sa présentation d’un concert d’Anthony Braxton, l’immanquable André Francis inventa l’idée de « solo absolu », pour mieux signifier le concert seul, en rupture avec la pratique collective. Pour les uns, le solo est le moment d’une introspection puissante, d’un partage d’intimité à nue, d’une réflexion isolée d’après ce qui a été expérimenté conjointement, pour d’autres c’est l’opportunité d’un gonflement de l’ego altérant la beauté des échanges et des relations par un surmoi excessif (Solo est aussi le nom d’un volcan argentin peu enclin au tango). Les opposants au solo le décrivent comme acte masturbatoire, ses admirateurs au contraire comme ultime partage entre le joueur et ses auditeurs ; ils vont même pour certains jusqu’à se méfier du côté orgiaque des pratique collectives. Chez les gangsters, la pratique du solo n’implique pas forcément un repli sur soi, mais une autre forme d’altérité (représentée dans Solo, film de Jean-Pierre Mocky).





Lol Coxhill - The Dunois Solos
Denis Levaillant - Direct
Tony Hymas - Tony Hymas joue Léo Ferré
Tony Hymas - Mémoires de mer
Louis Sclavis - Ad Augusta per angustia
Günter Sommer - Hörmusik Zwei
Benoît Delbecq - Crescendo in Duke